La mort vous remercie… 

d'avoir choisi sa Compagnie

Pièce policière gay noire et humoristique

d’après le roman « La mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie »
publié aux Editions Gaies et Lesbiennes.
Les acteurs amateurs sont les bienvenus pour rejoindre les amis qui vont commencer à répéter cette pièce à partir de janvier 2009 sous la responsabilité d'un excellent metteur en scène semi-professionnel.
Si cela vous intéresse merci de me contacter 
philippe.cassand@cegetel.net

 En attendant, le premier tableau...

Personnages

Jean-Marc Stevenin, agent immobilier, bisexuel pratiquant.

Clément Loudehac, acheteur d’un appartement.

Xavier Devigne, steward de la compagnie aérienne ELAVIA.

L’homme cagoulé au blouson jaune et noir.

Brigitte, hôtesse de la même compagnie aérienne, amie de Xavier.

Bernadette Devigne, la mère de Xavier.

Omar Welke, meilleur ami de Xavier Devigne.

Thibault, amant-amour de Xavier, dans le temps.

Jean-Loup Halzac, prostitué, ami de Xavier et de sa bande.

Eric Pallas, jeune homme riche, journaliste d’occasions.

Dick, le jeune homme hollandais défiguré.

Le psychiatre.

Marcel Delavre, inspecteur des impôts au physique ingrat.

Georges de la Ferrinière, présentateur vedette de télévision (France-Europe-Télévision).

Lionel Fontaine, nounours amateur de skins et de motos.

  

L’action se passe… dans un appartement vide, dans un avion, dans un sauna, dans une cité, chez les uns et les autres…

Les multiples lieux de l’action sont suggérés par des photographies projetées sur le fond de la scène ou sur un écran… au-dessus des personnages, comme un tableau.

Des cubes noirs installés différemment selon les scènes suggèrent à chaque tableau le changement de lieu.

 

 

Entre chaque tableau le noir est fait sur la scène.

 

PREMIER TABLEAU

Jean-Marc, Clément, l’homme cagoulé au blouson.

 

Photo projetée : appartement vide, délabré mais avec des poutres apparentes.

 

La scène se déroule dans un appartement vide. Un bel homme de la quarantaine et un beau jeune homme viennent visiblement de faire l’amour dans un appartement vide. Lorsque le rideau s’ouvre, ils sont en train de se rhabiller.

 

 

Clément

Effectivement cet appartement c’est une affaire ! Le Directeur m’a dit que vous étiez le meilleur vendeur de l’agence…

Jean-Marc

Je suis passionné d’immobilier, je suis tombé dedans étant petit ! Impossible d’exercer un autre métier. J’avais déjà réussi, enfant, à vendre à ma petite sœur la cabane du jardin : un prix exorbitant au décimètre carré, en argent de poche… (rires mais revenant à l’appartement) C’est une affaire exceptionnelle ! Un coup de fusil, comme on dit chez nous.

Clément

J’ai cru que le « coup de fusil » c’était le prix ! (il regarde son interlocuteur, ambigü). Finalement c’est un bon coup. Tu dois souvent emporter le morceau ?

Jean-Marc

Oui, ça marche pour moi. Je vends bien ; j’ai eu les clefs hier soir ! Grand séjour, poutres apparentes et l’argument massue de nous autres, agents immobiliers : « vue sur le canal », tu vois, je vous livre tous mes trucs… L’appartement idéal pour un jeune homme…

Clément (salace)

Je reconnais que… t’as des trucs (prenant la main de Jean-Marc) tu as oublié d’enlever ton alliance !

Jean-Marc

Non, je n’ai pas oublié, (l’agent immobilier joue nerveusement avec son anneau) je n’étais pas sûr de pouvoir te séduire. Mon infaillible instinct ne m’a donné, pour une fois, aucune certitude…

Clément

Infaillible instinct ?…

Jean-Marc

D’habitude, je détecte les pédés en un éclair !

Clément

J’ai donc l’air hétéro ! Hum, flatteur…

Jean-Marc

N’importe quel gay, aussi viril soit-il, habillé en prélat ou en commandant de gendarmerie, je te dis avec une marge d’erreur de 1% s’il est gay ou pas. Mais toi, j’avais un doute sur ça… par contre, je suis sur d’avoir deviné le reste de ta vie…

Clément

Tiens, tiens, alors ?

Jean-Marc (prétentieux)

Vingt-cinq, vingt-six ans, enfance et adolescence en province, HEC ou Sciences-Po, études terminées, dans la com ou le marketing dans une grande boîte à la con...

Clément

Pas mal sauf l’essentiel. Le cul ! Oui, je recherche un appartement de pédé : deux-pièces de caractère, avec impérativement du parquet, des poutres apparentes, et situé de préférence au dernier étage d’un immeuble avec ascenseur. J’ai la phobie des bruits de voisinage (il regarde Jean-Marc Stevenin dans les yeux). Je crois que je l’ai trouvé… C’est silencieux, avec tout le bruit que l’on a fait… La pipelette n’est même pas venue. Alors, d’être bi, c’est comment ? Pas facile, hein ? Mauvaise conscience ?

Jean-Marc (sûr de lui)

Je suis en paix avec moi-même. Tout est en ordre dans ma vie. Organisée, huilée dans tous ses mécanismes, comme une machine de haute technologie : argent, travail, famille, enfants… et les aventures.

Clément (joue le jeu du cynisme, en provocation affectueuse)

Moi aussi j’aime bien me vider les couilles en préservant l’essentiel.

Jean-Marc (ne relève pas)

Oui, je suis marié, j’ai quatre enfants et mon trip c’est les mecs ! J’en ai eu des aventures ! Blancs, noirs, beurs, jeunes, gros, poilus, , grands secs, musclés, imbéciles, charmeurs, mythomanes… Coups de cul ! (il le regarde intensément)…

Clément (convaincu du contraire)

C’est pour moi que tu dis ça ? Un coup de cul, un coup de fusil !

Jean-Marc

Non, toi c’est le coup de cœur. Le coup de cœur : quiconque mais pas pour autant le premier venu, c’est celui que le destin envoie au bon moment, au besoin de l’instant.

Clément

Le laveur de carreaux (mime) de la vitrine de l’agence par exemple quand je suis arrivé ? Le petit blond moustachu totalement nu dans sa salopette en jean, la peau bronzée… mouchetée de taches de rousseur. On aurait dit qu’il allait faire l’amour avec les vitres de l’agence.

Jean-Marc

Très intéressant ! La première fois qu’il venait, celui-là... j’étais comme fou mais je me suis ravisé. Jamais, jamais, jamais, ni au bureau, ni à la maison ! Tout l’équilibre tient dans ce cloisonnement : travail, famille, homosexualité... ou plus exactement appartements, enfants, hommes.

Clément

À propos de cloisons… C’était pas un bruit de pas ?

 

La silhouette de l’homme cagoulé au blouson apparaît sur le côté mais furtivement.

 

Jean-Marc (en achevant de se rhabiller se précipite pour regarder à l’œilleton)

Ce doit être la concierge... Elle vient revoir la tête de celui qui lui filera des étrennes l’année prochaine.

Clément

Que se passe-t-il ?

Jean-Marc (chuchote et fait signe, l’index sur la bouche, de ne plus parler)

Une silhouette immobile dans la pénombre.

 

Puis on entend un ding-dong très sonore. Clément ramasse ses affaires et se dirige vers la gauche de la scène pour achever de se rhabiller et disparaît dans les coulisses.

Jean-Marc

Qu’est ce que c’est ?

Il ouvre la porte et l’homme cagoulé lui saute à la gorge, il l’étrangle et le pousse vers l’autre coté de la scène, vers la fenêtre.

Vous êtes fou, mais que voulez-vous ? Lâchez-moi, au secours, non pas… (terrifié, la scène est plongée dans le noir, on entend un cri de terreur des pots cassés et un corps qui tombe du sixième étage)

 

NOIR

 

 

 

 


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